Interview

Interview Luc Mbah a Moute : « On a tout pour être dans le Top 10 défensif »

Interview Luc Mbah a Moute : « On a tout pour être dans le Top 10 défensif »

Recruté par Houston, aux côtés de P.J. Tucker, pour ses qualités défensives en vue d’un duel contre les Warriors en mai prochain, Luc Mbah a Moute a répondu présent lors de la première confrontation entre les deux équipes. Efficace en défense, le Camerounais a également fait preuve d’agressivité en attaque et d’une belle adresse longue distance.

Nous l’avons rencontré après la rencontre pour évoquer les coulisses de son arrivée chez les Rockets, son avis sur la cohabitation entre Chris Paul et James Harden, et sur le potentiel défensif de sa nouvelle équipe.

Est-ce que vous pouvez nous expliquer les dessous de votre décision de signer à Houston et en particulier l’influence de Chris Paul sur votre choix ?

J’avais des offres dans d’autres équipes mais je pensais que Houston était le meilleur choix pour moi. D’abord parce qu’ils avaient fini troisièmes la saison dernière, et ensuite parce qu’ils ont pour ambition de jouer le titre cette année. Après avoir parlé plusieurs fois avec le coach, sa vision, sa philosophie, la manière de jouer, j’ai trouvé que c’était un système qui me convenait beaucoup. Bien sûr, le fait qu’ils aient recruté Chris a aidé. J’ai joué avec lui à L.A. pendant deux ans, je le connais bien et il m’a aussi appelé pour me demander de venir le rejoindre. Ce sont tous ces facteurs qui m’ont décidé de venir à Houston.

Vous restiez sur dix défaites de suite avec les Clippers face aux Warriors. Qu’est-ce ça fait d’être dans une équipe où vous n’êtes plus le seul joueur à pouvoir défendre sur leur collection d’ailiers de taille similaire ?

(Il soupire) Vraiment ça fait du bien et ce n’est pas simplement contre les Warriors. Avec les Clippers, j’étais souvent le seul à pouvoir défendre sur le meilleur joueur adverse, alors qu’ici on a Trevor, on a P.J.. Quand on est tous les trois sur le terrain, on a l’impression qu’il n’y a pas de problème défensivement. Gordon est aussi un bon défenseur, Chris aussi bien sur. Je pense qu’on a le potentiel pour avoir une bonne défense et, sur le plan individuel, c’est bien parce que ça diminue la pression que j’avais sur les épaules par le passé.

« La cohabitation Paul-Harden va petit à petit se mettre en place »

Est-ce que vous pensez que votre défense est sous-estimée et souffre de la réputation des équipes de Mike D’Antoni ? Pouvez-vous faire partie du top 10 défensif de la ligue ?

Être dans le Top 10, c’est notre objectif. Avec l’attaque qu’on a, si on arrive à être dans ce Top 10 même Top 5, je pense qu’on deviendra une équipe vraiment difficile à battre. Avec l’effectif qu’on a cette année, on a tout pour être dans le Top 10.

Vous connaissez bien Chris Paul, comment jugez-vous son intégration ?

C’est pas mal. En présaison, il a raté quelques matchs donc c’est encore tôt mais il s’intègre plutôt bien. Ça va prendre un peu de temps mais il fait le boulot pour que tout se passe bien.

L’une des critiques liées à son arrivée à Houston est le fait que James Harden et lui ont besoin de la balle pour être efficace. Est-ce que vous pensez que c’est une analyse réductrice ?

Je ne pense pas que ce soit réducteur mais je pense qu’il faut qu’ils s’habituent à avoir un joueur du même calibre à côté d’eux. Ils ont toujours eu l’habitude d’avoir la balle donc il va falloir qu’ils trouvent un bon équilibre. Vu nos rotations, il y a toujours l’un d’entre eux sur le terrain donc ça leur permet d’avoir le contrôle de la balle quand l’autre est sur le banc. C’est une bonne chose car ils peuvent à ce moment là gérer l’attaque mais au final leur cohabitation va petit à petit se mettre en place. C’est juste une question d’habitude.

Propos recueillis à Oakland.

Source : http://www.basketusa.com/

Interview TrashTalk avec Luc Mbah a Moute : entre basket et cancoillotte !

Interview TrashTalk avec Luc Mbah a Moute : entre basket et cancoillotte !

Secret bien gardé jusqu’à ces derniers jours, Luc Richard Mbah a Moute était aujourd’hui à Besançon dans le cadre de son investissement dans le club du BesAC RC (N2). Il rentre donc dans la confrérie des joueurs pros donnant la main à des clubs européens.

Un investissement qui cependant dépasse le seul cadre de l’opération financière et c’est d’abord avec la volonté de développer sa fondation que le joueur est venu traîner ses baskets dans le Doubs. TrashTalk était évidemment sur le coup et a pu s’entretenir quelques minutes avec le joueur des Sixers.

TrashTalk : Bonjour Luc ! Après être déjà venu à Besançon il y a quelques années en tant que parrain de l’équipe du Burkina Faso, tu t’investis maintenant dans le club bisontin. En étant également le 2ème joueur le plus âgé des Sixers. Est-ce que ce rôle de « grand frère » est quelque chose de naturel ou seulement le fruit d’opportunités voire du hasard qui viennent avec l’expérience ?

Luc Mbah a Moute : Naturel. J’ai toujours été considéré comme un grand frère. Aux Sixers ou chez les jeunes joueurs de mon camp ou même parfois des joueurs que je ne connais même pas, j’ai toujours eu cet esprit d’encadrer les jeunes. J’assume ce rôle de grand frère.

TT : En particulier avec Joël Embiid ?

LM : Oui, notamment. Depuis qu’il est venu à mon camp à 15 ans, on s’est occupé de lui en le faisant jouer dans le lycée où j’étais puis jusqu’à Kansas.

TT : Est-ce qu’il y a un joueur qui a tenu ce rôle avec toi dès ton arrivée en NBA ?

LM : Pas vraiment. Je n’ai pas vraiment eu de mentor quand je suis arrivé. J’ai dû me débrouiller tout seul, c’est peut-être la raison pourquoi j’ai pris ce rôle de grand frère maintenant, pour pouvoir assurer l’encadrement des jeunes.

TT : C’est quoi le mieux : jouer un Final Four avec UCLA ou faire les Playoffs avec Milwaukee ?

LM : Bonne question, je dirais les Playoffs. Le Final Four c’est super bien, j’ai eu la chance de le jouer 3 fois, mais les Playoffs c’est autre chose. C’est difficile à choisir car les deux sont des expériences énormes et beaucoup de joueurs universitaires n’ont pas la chance de jouer un Final Four ou même d’arriver en NBA. Chaque événement a sa saveur et je les ai particulièrement appréciés (ndlr : il a participé au Final Four 3 fois d’affilée : c’est le premier joueur de UCLA a avoir joué 3 Final Four de suite depuis 35 ans et Bill Walton, Jamaal Wilkes et Greg Lee. Plus généralement ça n’était plus arrivé depuis Andre Hudson et Charlie Bell à Michigan State entre 1999 et 2001).

TT : Il y a de grosses chances que l’été prochain débouche sur un lock-out, ça veut dire qu’on va te voir débarquer jouer à Besançon ?

LM :  (Rires) Pourquoi pas, je peux aider pour la montée en N1. Et si le club et mon agent sont d’accord, on sait jamais ! (Son agent rajoute qu’il faudra que le club lui paye sa licence)

TT : Maintenant que les Playoffs sont lancés, tu as un pronostic sur le champion ?

LM : C’est difficile de se prononcer, les équipes se valent beaucoup. Que ce soit entre les 4 premiers à l’Est ou à l’Ouest. Les équipes se valent et les matchups sont serrées. Pour moi, les Spurs seront favoris pour le titre. S’ils passent les Clippers, ils seront sur une bonne lancée.

TT : Pour les parieurs, il vaut mieux miser sur les Spurs champions cette année ou sur les Sixers en Playoffs l’année prochaine ?

LM : (Petite hésitation) Spurs champions.

TT : Ton partenariat avec Besançon va aussi permettre d’apporter un tremplin à des joueurs africains. On le voit ces derniers temps avec 5 joueurs africains qui peuvent potentiellement être draftés cet été, le statut des joueurs venant d’Afrique commence à prendre de l’ampleur. Après avoir participé au repérage de Joël Embiid, tu vas essayer de faire venir JP Tokoto (joueur camerounais de North Carolina qui se présentera à la Draft en juin prochain) à Philadelphie ?

LM : Oui car ça va permettre à des jeunes de venir jouer en Europe et de leur donner un cadre, c’est énorme ! Et le coaching que l’on peut leur donner ici est adéquat pour leur donner une opportunité de devenir pro et pourquoi pas de jouer en NBA. C’est un tremplin. Pourquoi pas pour JP ! Il a un bon potentiel et j’ai gardé un œil sur lui. Pour l’instant, il a encore beaucoup à prouver et il le fera par le biais de workouts mais si on m’appelle et qu’on me demande mon avis alors oui, je dirai que c’est une bonne idée de le signer. L’équipe a beaucoup de choix de Draft cette année donc pourquoi pas.

TT : Dont un dans les premiers choix, on pourrait aussi voir Emmanuel Mudiay débarquer à Philadelphie !

LM : Après c’est toujours particulier les premiers choix de Draft, parfois les équipes vont décider de les garder, parfois de les échanger…

TT : Surtout que les échanges ils aiment bien en ce moment  ! D’ailleurs, tu as connu l’expérience de te faire échanger par le passé, comment ça se vit de l’intérieur ?

LM : Ouais ouais ! En fait ça dépend de tout un chacun, il y a deux volets : le volet personnel et le volet professionnel. Certains joueurs sont mariés, ont des enfant ou sont attachés à la ville dans laquelle ils jouent. Pour moi, le plus important c’est le point de vue basket, c’est pas toujours plaisant de devoir partir pour une équipe moins bien au classement à cause de la baisse de niveau, mais d’autres peuvent être plus enthousiastes s’ils partent pour une équipe qui joue pour le titre ou s’ils font leur valise pour une ville qui leur plait un peu plus.

TT :  Tu as eu peur quand tu as appris l’arrivée de JaVale McGee ?

LM : Non pas du tout, c’est un bon joueur qui pose pas mal de blocks quand il est en forme, j’était surpris de voir les Sixers le signer, mais après je n’étais pas sûr qu’il reste car il est venu aussi pour des histoires de masse salariale et au final il est parti pas longtemps après. Mais c’est un bon joueur, il aurait pu faire quelques Shaqtin’ A Fool, il y avait moyen de rigoler.

TT : Est-ce qu’il y a un joueur contre qui tu détestes jouer ou sur lequel tu détestes défendre ?

LM : Il y en avait un. C’est Brandon Roy. Pour moi c’était le plus difficile à défendre. On m’a déjà posé cette question et en général les gens sont surpris, ils s’attendent à ce qu’on leur réponde LeBron James ou Kobe Bryant, mais pour moi le plus difficile c’était Roy. D’ailleurs Kobe Bryant aussi l’a dit, donc ça confirme.

TT : Du coup, est-ce qu’il y a un joueur qui t’impressionnes particulièrement ou un joueur que tu penses être le plus sous-estimé ?

LM : Des joueurs sous-estimés, il y en a beaucoup. Mais pour moi, il y en a un qui commence à être reconnu c’est Paul Millsap ! Il a été All-Star pour la première fois cette année, et avec le parcours des Hawks cette saison, on commence à apprécier son talent. C’est bien de voir un joueur reconnu à sa juste valeur.

Cool et accessible, Luc Mbah a Moute porte bien le surnom que lui ont donné ses coéquipiers : le « Fresh Prince » (parce que oui, il est aussi prince dans son village d’origine). Aujourd’hui, il ne devient pas seulement un simple partenaire financier. Leitmotiv de cette opération, la fondation du désormais président d’honneur du BesAC RC, qui s’implique dans le développement de jeunes joueurs camerounais et africains en général par le biais de son camp de basket au Cameroun notamment, dispose d’un club pour assurer un tremplin à ces joueurs. Exemple évident de la réussite de cette association, Joël Embiid qui joue aujourd’hui avec lui aux Sixers mais ça ne s’arrête pas là puisque d’autres joueurs qu’il a pris sous son aile sont aux Etats-Unis en ce moment.

Merci au BesAC RC, Khalid Bouibo et François Nyam et évidemment un grand merci à Luc Mbah a Moute. Pour plus d’informations sur son action, c’est par là : www.mbahamoutecamp.info/

Source image : TrashTalk

Source : http://trashtalk.co

Revue de presse : «Être un leader me plaît»

Revue de presse : «Être un leader me plaît»

Meilleur joueur de l’une des plus mauvaises équipes NBA, Luc Mbah a Moute a vécu une saison contrastée chez les Sixers de Philadelphie. En fin de contrat, l’ailier camerounais, âgé de 28 ans, ne manque pas d’ambition. En visite dans les locaux de RFI, le natif de Yaoundé s’est livré en toute franchise : son avenir, l’Afrobasket 2015, les chances des Lions indomptables…

RFI : Vous sortez d’une année difficile avec seulement 18 victoires en 82 matches. Est-ce compliqué à vivre durant toute une saison ?

Luc Mbah a Moute : C’est vrai, c’est un stress supplémentaire à gérer durant la saison, avec déjà la fatigue physique et mentale suite à l’enchaînement des rencontres. Être dans une équipe qui perd autant de matches, ce n’est pas facile, mais je le savais depuis le début de saison. Philadelphie est une équipe en pleine reconstruction, cela enlève de la pression. Si l’on cumule les défaites dans une équipe à fort potentiel, c’est plus compliqué.

Cette équipe des Sixers, très jeune, a-t-elle un avenir plus radieux ?

Oui, elle a énormément d’avenir. Le recrutement va dans ce sens. Les jeunes sont bons, mais ils doivent encore se développer. Un plan sur deux, trois ans se met en place. Les dirigeants ne sont pas pressés et visent sur du long terme. Mais pour un vétéran comme moi, ce n’est pas évident même si d’un point de vue individuel, j’ai pu m’exprimer et réaliser l’une de mes meilleurs saisons NBA.

A 28 ans, vous vous considérez déjà comme un vétéran ?

(Il rit) Ce n’est pas vieux, mais chez les Sixers, j’étais un vétéran ! Un grand frère, un leader. C’était la première fois de ma carrière que je tenais un tel rôle. Au départ, c’était bizarre, mais finalement, c’était intéressant d’être le vieux des vestiaires. Par le passé, je tenais un rôle défensif dans des équipes qui visaient les play-offs mais qui n’étaient pas très suivies médiatiquement parlant. Cette saison, j’avais de nouvelles tâches offensives. Dans l’ensemble, hormis l’an passé où j’ai connu une blessure, je n’ai cessé de progresser.

Être un leader, notamment en attaque, cela vous plaît ?

Oui, ça me plaît ! Être un leader demande plus de travail. Il faut assumer et accepter le challenge. Ma manière d’approcher les matches a changé. Avant, il y avait toujours un autre leader dans le vestiaire sur qui l’on pouvait compter. A présent, durant les temps-morts ou dans les vestiaires, avant, à la mi-temps ou après les matches, je dois à chaque fois prendre la parole.

 

Luc Mbah a Moute a réalisé en 2014-2015 la meilleure saison de sa carrière sous le maillot des Sixers de Philadelphie. Maddie Meyer/Getty Images

Mais comment remotiver des jeunes au sein d’une équipe qui cumule les défaites ?

Ce n’est pas facile. Pour eux, c’est compliqué. La plupart d’entre eux provient d’universités solides, qui collectionnaient les victoires. C’est la première fois qu’ils perdent autant de rencontres. Mais il faut continuer de garder le moral et s’améliorer match après match pour le futur. Je leur dis de ne pas s’attarder sur les défaites, mais de privilégier leur évolution.

Cette saison, on attendait l’un de vos prometteurs coéquipiers camerounais, Joël Embiid, 21 ans, repéré d’ailleurs dans l’un de vos camps estivaux. Il n’a pas foulé les parquets en raison d’une blessure au pied. Sera-t-il de retour à la rentrée ?

Joël a un très gros potentiel. Il a été drafté très haut l’an passé, à la troisième place, et avant qu’il ne se blesse, certains l’imaginaient même à la première. Philadelphie compte énormément sur lui, il peut changer l’équipe, la rendre plus forte. Son état s’améliore, il a repris les affrontements à l’entraînement. Cet été, il devrait participer à la Summer League, ce sera son premier test, puis il reviendra sur les parquets à la rentrée.

Suivez-vous régulièrement les performances de ces jeunes passés par vos camps au Cameroun que vous organisez depuis 2010 ?

Je le fais avec fierté ! Ce que l’on a réalisé avec notre équipe et mon agent François Nyam, c’est énorme. Six ou sept jeunes Camerounais ont rejoint des universités et lycées aux Etats-Unis. Certains, comme Joël, sont en NBA. Arriver à cela, en si peu de temps, c’est génial ! Je reste en contact avec la plupart des jeunes, j’essaye de leur envoyer des messages, de leur donner des conseils.

Et vous, durant votre jeunesse à Yaoundé, rêviez-vous déjà de NBA ?

J’avais soif de NBA ! J’avais des magazines, des photos que j’accrochais sur un mur… J’essayais déjà de suivre les matchs, mais c’était difficile à cause des cours le lendemain matin.

C’était mon rêve absolu ! J’avais soif de NBA ! J’avais des magazines, des photos que j’accrochais sur un mur… J’essayais déjà de suivre les matches, mais c’était difficile à cause des cours le lendemain matin. Souvent, avec mon frère, on restait éveillé la nuit, vers 3h, pour regarder la télé. J’envie un peu les jeunes d’aujourd’hui. C’est plus facile pour eux de suivre la NBA.

Un joueur, ou une équipe, vous faisait-il rêver ?

Michael Jordan ! Les Bulls, c’était l’équipe du moment ! Toutes les rencontres de Chicago étaient diffusées. Je ne connaissais pas beaucoup d’autres équipes. J’aimais aussi le jeu de Penny Hardaway, le meneur d’Orlando Magic, puis celui de Tracy McGrady. D’ailleurs, à l’école, je me faisais appeler Tracy McGrady.

Aujourd’hui, quels joueurs vous impressionnent ?

Il y en a beaucoup, mais je payerais surtout ma place pour voir Derrick Rose, le meneur de Chicago. Il a souvent été blessé ces deux dernières années, c’est dommage. A l’époque, lorsqu’il a été élu MVP [meilleur joueur, en 2011, ndlr], il était vraiment le meilleur joueur NBA.

Participerez-vous à l’Afrobasket 2015 en Tunisie du 19 au 30 août ?

En principe, j’y serai. J’ai vraiment envie d’y participer. J’étais présent 2013 en Côte d’Ivoire, malheureusement on a été éliminé en quart de finale par le pays hôte. Tous les athlètes, au monde, rêvent de participer aux Jeux olympiques et cette Coupe d’Afrique est qualificative pour cette épreuve…

Mais pour cela, il faudra dominer l’Angola. Comment briser l’hégémonie des champions en titre qui n’ont été battus qu’à deux reprises depuis 1989 ?

Ces dernières années, le Cameroun s’est toujours bien débrouillé face à l’Angola. En 2007, à Luanda, malgré notre défaite en finale, on s’est bien comporté (défaite 67-51). En 2011, la Tunisie a même battu l’Angola et cette même année, en quart de finale, on menait encore de cinq points à quelques secondes de la fin avant de perdre en prolongations (83-84). Cela prouve que l’on peut gagner contre eux avec une bonne préparation. On a nos chances.

 

Fort défenseur, Luc Mbah a Moute tente de verrouiller l’accès au cercle, comme ici face à Blake Griffin, la star des Clippers de Los Angeles. Bill Streicher-USA TODAY Sports

Avec cette équipe camerounaise, vous tenez également une position de grand frère…

C’est vrai. La plupart des anciens que j’ai connus lors de mes débuts est partie. Il y aura beaucoup de jeunes avec peu ou aucune sélection. Mais j’ai déjà connu cette situation avec Philadelphie cette année, je suis préparé.

A Philadelphie, vos coéquipiers savent-ils que vous étiez le prince de votre village natal ? Vous posent-ils des questions sur ce titre ?

Ils le savent, ils m’ont beaucoup taquiné avec ça (il rit) ! Pour eux, le prince, c’est un peu comme dans le film avec Eddie Murphy (Un prince à New York). Lorsqu’il débarque aux Etats-Unis, il arrive avec le titre de prince de Zamunda. Du coup, certains m’appelaient ainsi et me demandaient si j’avais ma tête sur des pièces de monnaie. Ils ne comprenaient pas.

Resterez-vous à Philadelphie la saison prochaine ? Vous êtes en fin de contrat et au 1er juillet, vous pourrez signer dans n’importe quelle équipe. Dans vos rêves les plus fous, quelle formation aimeriez-vous rejoindre ?

J’aimerais bien jouer pour un club qui lutte pour le titre. Il y a deux ou trois équipes qui me tentent : San Antonio par exemple, mais aussi les Clippers, qui ont le potentiel de s’imposer, et Chicago. On a parlé d’envie, n’est-ce pas (rires) ?

Source : http://www.rfi.fr/

Luc invité de TV5 Monde et RFI

Luc invité de TV5 Monde et RFI

De passage en France, Luc Mbah a Moute s’est livré au jeu des interviews pour plusieurs médias.

 

 

Luc invité du Sunday Night Live

Luc invité du Sunday Night Live

Luc Mbah a Moute est de visite en France ! Invité sur la plateau du Sunday Night Live (beIN Sports), Luc a participé à l’émission basket et nous a livré entre autre son analyse sur la saison de son équipe des 76ers.

Interview vilakazisport.com : « Le basket ne sera jamais aussi populaire que le foot au Cameroun »

Interview vilakazisport.com : « Le basket ne sera jamais aussi populaire que le foot au Cameroun »

Depuis maintenant sept ans, Luc Mbah a Moute fait partie des tous meilleurs joueurs africains évoluant en NBA. Entretien avec l’ailier camerounais des 76ers de Philadelphie, qui est resté très proche de ses racines.

Vilakazi Sport – Vous avez commencé à jouer au football étant jeune. Rêviez-vous de devenir footballeur professionnel à cette époque ?

Luc Mbah a Moute – Effectivement. Comme tous les enfants qui grandissent au Cameroun, j’ai toujours rêvé d’être footballeur professionnel. Dans ce pays, le ballon rond, c’est comme une religion !

Pourquoi être passé ensuite au basket ?

Mon frère se trouvait dans une autre école que la mienne, dans laquelle il y avait un terrain et une équipe de basket. Je l’y rejoignais souvent le soir pour qu’il m’apprenne à jouer. Étant donné qu’on faisait tout ensemble, je lui servais de partenaire.

Quelles sont les stars de la NBA vous ayant fait rêver étant jeune ?

Principalement quatre joueurs : Penny Hardaway, Tracy Mcgrady, Scottie Pipen et bien évidemment Michael Jordan !

Aujourd’hui, quels sont les joueurs qui vous impressionnent le plus ?

Derrick Rose est le joueur qui m’impressionne le plus à l’heure actuelle. Malheureusement, ces dernières années, il a dû faire face à certaines blessures. Mais lorsqu’il est opérationnel, le joueur des Bulls de Chicago est vraiment dangereux !

Pourquoi y a-t-il moins de talents en NBA provenant d’Afrique que par le passé ?

Je pense qu’il y a toujours autant de talents africains en NBA qu’il y en a eu par le passé. Le problème, c’est qu’il existe plusieurs joueurs issue de la génération Desagana Diop et Didier Mbenga qui ont arrêté leur carrière. Mais la relève est en marche.

 

« Je ne pense pas être reconnu à ma juste valeur »

Pourquoi le basket n’est pas aussi populaire que le football au Cameroun ?

Je pense pas que le basket ne sera jamais aussi populaire que le football au Cameroun. Notre équipe de foot a connu beaucoup de succès a l’échelle internationale dans les années antérieures. Je pense notamment au quart de finale atteint en 1990 lors du Mondial en Italie. Elle a également été championne olympique en 2000 et a remporté la Coupe d’Afrique à quatre reprises (1984, 1988, 2000 et 2002, Ndlr). Ce palmarès est incomparable avec celui des Lions Indomptables du basket et explique en bonne partie la différence de popularité entre les deux sports.

Pensez-vous aujourd’hui être reconnu à votre juste valeur ?

Non, je ne pense pas l’être. J’estime que les médias africains en général, et camerounais en particulier, ne font pas un assez bon travail quand il s’agit de faire la promotion d’autres sports que le football et d’autres figures sportives que les footballeurs.

Le Basketball without Borders (BWB) est un programme qui vous a aidé pendant votre jeunesse et auquel vous avez ensuite participé. Pouvez-vous nous en parler ?

Il s’agit d’un événement qui réunit les meilleures jeunes joueurs africains. Ceux-ci ont l’occasion d’assister à des ateliers de travail avec des coachs et joueurs de NBA. C’est un événement qui m’a beaucoup aidé parce que c’est en y participant que j’ai réalisé pour la première fois que j’étais l’un des meilleurs joueurs en Afrique.

Pouvez-vous également nous présenter le « Mbah a Moute Basketball Camp », événement que vous organisez chaque été au Cameroun ?

C’est un événement qui réunit les 50 meilleurs joueurs jeunes du Cameroun. Lors de celui-ci, on donne des instruments de travail qui leur permettront de développer leur technique, aussi bien sur le plan individuel que collectif. C’est aussi un événement qui permet de détecter les meilleurs joueurs du Cameroun et de la sous-région. Ils ont ainsi l’opportunité de réaliser leur rêve qui est de sortir du pays pour continuer leur éducation, en utilisant le basket comme tremplin, et éventuellement devenir des joueurs professionnels.

Une fois votre carrière de basketteur sera terminée, imaginez-vous retourner vivre en Afrique ? Quels sont les projets que vous souhaiteriez développer à l’avenir sur ce continent ?

Une fois ma carrière terminée, je compte rentrer au Cameroun. Mais, je ne suis pas sûr que ça se fera immédiatement après que j’ai raccroché. Sinon, j’envisage de travailler à la direction générale d’un club de NBA et j’espère un jour posséder une académie de basket au Cameroun abritant les meilleurs talents d’Afrique.

Source : http://vilakazisport.com

Interview et émissions au Cameroun

Interview et émissions au Cameroun

Luc Mbah a Moute est actuellement au Cameroun, et a accepté les invitations de différents médias afin de participer à quelques émissions. De bons moments que Luc tenait à partager.

 

 

Revue de presse – afrokanlife : Luc Mbah a Moute, joueur NBA du Cameroun

Revue de presse – afrokanlife : Luc Mbah a Moute, joueur NBA du Cameroun

Notre Afro Inspiration du joueur Luc Mbah a Moute est le basketteur professionnel camerounais évoluant aux postes d’ailier et d’ailier fort dans l’équipe américaine des Timberwolves du Minnesota

Luc, tu as eu une brillante carrière universitaire. Explique-nous un peu ton parcours. Comment un adolescent de Yaoundé fait-il pour se retrouver dans la prestigieuse équipe de UCLA?

Comme tout enfant Camerounais, je commence par le foot qui est mon premier amour sportif et à l’âge de 13-14 ans je commence à jouer au basket dans le club d’Onyx ou très vite j’améliore mes capacités et aptitudes et je suis sélectionné [avec] 7 jeunes Camerounais pour allez représenter le pays au Basketball Without Borders en Afrique du Sud en 2003. De là, j’obtiens une bourse pour allez à Montverde Academy en Floride ou j’évolue pendant deux ans dans le Championnat lycéen, et mes performances attirent l’attention de UCLA qui m’offre une bourse pour continuer mes études.

Le Cameroun a obtenu la médaille d’argent en 2007 lors du Championnat d’Afrique de Basketball masculin, que faut-il faire pour que le Cameroun remporte enfin sa première médaille d’or continentale?

C’est l’éternel problème de préparation! Je pense que si tous les moyens sont mis en place pour que l’on ait une bonne préparation et ce, pas seulement les 2 ou 3 mois précèdent la Coupe d’Afrique, mais 2 ans voire 4 ans a l’avance, on pourra mettre sur pied une équipe pouvant remporter non pas une mais plusieurs Coupes d’Afrique.

Pourquoi est-ce que le basketball ne jouit pas de la même cote de popularité que le football au Cameroun?

Le basketball n’est pas aussi populaire que le football partout dans le monde et non pas seulement au Cameroun ou Afrique. C’est juste la triste réalité. En plus, l’équipe nationale fanion de football a remporté de nombreux succès sur la scène continentale et internationale, il est donc normal que le foot soit de loin plus populaire que le football.

Récemment, le footballeur Samir Nasri disait: « Si Yaya Touré n’était pas Africain, tout le monde dirait que c’est le meilleur milieu de terrain du monde. Cela ne joue pas en sa faveur d’être Ivoirien. S’il était Argentin ou Brésilien, tout le monde parlerait de lui.» Penses-tu que tu n’es pas reconnu à ta juste valeur parce que tu es Africain?

Bien sur que le préjudice d’être Africain joue beaucoup, que ce soit au foot, au basket ou tout autre sport. Je pense qu’en tant qu’Africain on doit travailler 3, 4 fois plus que les joueurs Américains, car on n’est pas reconnu à notre juste valeur. Mais plus on aura des joueurs Africains qui excellent dans leurs disciplines respectives, mieux ce sera pour nous autres joueurs Africains, car cette discrimination ne pourra pas durer éternellement, et on finira par avoir la reconnaissance que l’on mérite.

Le racisme est très présent dans les stades de foot en Europe. Comment ca se passe dans les arènes de NBA? As-tu déjà été victime d’un acte raciste?

Moi personnellement je n’ai jamais été victime d’un acte de racisme, mais je pense que c’est moins ou pas autant exposé que dans le football et je pense que c’est un avantage certain de la NBA car la majorité des joueurs sont des noirs, et donc difficilement comparable au foot car il y a plus de joueurs d’origines diverses. Donc la grande majorité de joueurs noirs en NBA aide à réduire des actes racistes.

Récemment, Donald Sterling, le propriétaire des LA Clippers a défrayé la chronique. Quel est ton avis sur toute cette polémique? Quelles solutions proposes-tu pour enrayer le racisme de manière définitive?

Sterling… Je pense que c’est triste et c’est dommage qu’aujourd’hui il y ait des gens qui ont encore ce genre de réflexion, comme je le dis c’est très très triste et je pense que c’est une leçon pour tout le monde, pour ceux qui pensent que l’on a dépassé cette période où les gens avaient certaines pensées discriminatoires envers les autres. Et cela montre que ça existe toujours. Et pour ceux qui pensent de la même façon que lui, j’espère que ce scandale leur montrera que cette pensée est dépassée vu l’évolution du monde et qu’il est temps d’évoluer.

Si tu n’étais pas joueur de basket, quelle profession aurais-tu exercé?

Si je n’étais pas joueur de basket j’aurai bien aimé être diplomate ou être un ambassadeur dans le monde du sport.

Les médias sont unanimes: tu es un excellent défenseur ! Quel est le joueur de NBA qui te pose le plus problèmes? Y’a-t-il un joueur qui te fait faire des cauchemars?

Il n’y a aucun joueur actuellement qui me fait avoir des cauchemars, le seul joueur contre qui j’ai joué et qui m’a souvent donné du fil à retordre est Brandon Roy. Malheureusement il a eu une carrière très courte à cause de blessures à répétition.

Au cours des dernières années, de nombreux joueurs professionnels ont été impliqués dans des scandales sexuels? Etant donné que les tentations sont omniprésentes, est-ce possible d’avoir une vie de famille lorsqu’on est dans la NBA?

Bien sur! Il est possible d’avoir une vie de famille quand on est en NBA. Les tentations bien sûr qu’elles sont là, dans le basket ou le sport en général, mais on peut être tenté aussi bien si on est athlète que si l’on exerce une autre profession, donc il revient à chacun d’être maître de ses actes et d’assumer les conséquences.

Tu arrives à conserver une vie loin des médias. Comment fais-tu pour t’assurer que les médias ne s’immiscent pas dans ta vie privée?

En général, je suis une personne assez réservée, donc j’essaye juste de rester concentré sur ce que je dois faire. Le reste du temps je le passe avec ma famille, mes amis et les gens proche de moi.

Quels conseils donnerais-tu aux jeunes basketteurs Africains qui aimeraient jouer en NBA comme toi?

Je leur conseillerais de travailler et de continuer à rêver, car beaucoup de jeunes aujourd’hui ont perdu le rêve, ne rêvent plus. Aujourd’hui, le rêve est encore plus réalisable qu’avant. Donc je dirais à tous les jeunes qui rêvent un jour d’évoluer en NBA de garder confiance en eux et de continuer à croire en leurs rêves, avec le travail tout est possible. La seule magie c’est le travail.

Le Camerounais Joel Embiid est susceptible d’être le premier choix de la Draft NBA 2014. Quelles sont vos impressions? Te souviens-tu de ta “Draft night”? Quel a été le moment le plus mémorable?

Joël a eu un parcours atypique et je suis content de savoir qu’un Africain fait partie des trois joueurs les plus convoités de la Draft 2014. C’est fantastique pour lui, pour sa famille, pour moi et pour tous les joueurs de basket-ball africains. Nous sommes très contents car l’avenir de Joel s’annonce radieux.

En ce qui me concerne, ma “draft night” était extrêmement excitante et super stressante car je ne savais pas où j’irai et je n’étais même pas sûr d’être sélectionné. Il est tout simplement fantastique de voir un rêve se réaliser et je remercie Dieu de m’avoir donné une telle opportunité.

Source : http://www.afrokanlife.com